Le fantasme de la poupée sexuelle

Publié le par Le Pfss

Imaginez une femme, totalement disponible, livrée dans son carton d’emballage, les cuisses écartées, prête à l’emploi. Le fantasme est courant, surtout dans la communauté des technophiles, les amoureux des robots sexuels humains, qui rêvent de se faire livrer une compagne programmée pour l'amour.

Ils se masturbent sur des images de femmes nues et rigides envoyées comme des colis (sous plis discret) dans des cartons remplis de mousse polyuréthane ou de coussins d’air anti-chocs: attention fragile.

Pour ces adeptes de la femme transformée en marchandise, rien de plus jouissif qu’imaginer un système économique ultra-libéral, dans lequel les être humains pourraient être reprogrammés à des fins purement utilitaires: métamorphosées en prestataires de services érotiques, les femmes ne seraient plus que de serviles mécaniques, obéissant sur commande à des ordres simples. Lève-toi et suce.

Vendues comme des poupées gonflables, distribuées à grande échelle, elles deviendraient des épouses parfaites, avec garantie d’un an et service après-vente, sans compter les options: perruque blonde de rechange, seins siliconés, garde-robe minimaliste (string, nuisette)… L’idéal, donc.

Eric Kroll a fait ses délices de ce genre de fantasme. Photographiant ses modèles dans des poses obscènes, il leur demande de prendre la pose raide des mannequins à usage sexuel. Mais le «pire» des artistes dans ce domaine qui fait hurler les féministes, c’est Simon Benson:  «Je dessine des femelles réduites à l’état de cobayes, victimes d’expérimentations génétiques et chirurgicales extrêmes, reliées à des machines qui leur reformatent les orifices et transformées en pompeuses-limeuses industrielles.» Le dessinateur anglais Simon Benson, maintenant établi en Hollande, publie des livres de sci-fi-porn sur la déshumanisation de la femme. Dans des fictions futuristes inquiétantes – 2477 AD, Alien, Project 237, In the claws of sex-robots DV8 –, les héroïnes sont conditionnées, décérébrées puis vendues dans les bordels comme de simples distributeurs de boissons. «J’ai inventé ces histoires pour montrer jusqu’à quel point les femmes pouvaient être dégradées: elles y sont mises en esclavage, transformées en machines sexuelles dans des chaines de fabrication. J’aime ce paradoxe d’humains aliénés par leurs propres créations. Saviez-vous que le mot “robot” signifiait “esclave”, “serviteur” en tchèque?».Il existe un lien direct entre l'idée d'animal et celle de robot. Tous les deux semblent mus comme par des ressorts libidinaux surpuissants… Une mécanique aveugle, mûe par l'envie de se satisfaire.

(...)

De manière significative, le premier long-métrage de Simon Benson s'intitule Human Doll (poupée humaine) et met en scène une jeune fille transformée en objet sexuel manufacturé. «TOUTES les femmes sont des propriétés privées, explique Benson. Vous aussi. Rencontrez-moi, tombez amoureuse de moi – vous désirerez m’appartenir. On appelle ça le mariage ! Pour moi, ce n’est pas très éloigné de la prostitution, quand une femme vend son corps pour du sexe. Il m’est arrivé de me vendre moi-même en faisant des boulots qui ne me plaisaient pas. Je me suis vendu ! Nous sommes tous à vendre ou à louer, sur un marché ou sur un autre.»

Dans Human doll, Benson pousse la métaphore de l’humain-marchandise à sa dernière limite: l’héroïne de la vidéo subit un reformatage mental, une formation intensive au statut d’automate sexuelle. «Dans cette vidéo, je joue le rôle du doll-maker (le fabricant de poupée) et la poupée, c’est ma propre compagne, qui est une adorable poupée sexuelle dans le privé.» J'ai rencontré sa femme une fois. Elle s'appelle Tigerrr et n'a rien d'une minette soumise. Très sûre d'elle, très décidée. Tigerrr s'est fait tatouer "propriété de Benson" sur la nuque, mais quand on les rencontre ensemble, c'est elle qui parle la première. Human doll, elle? Seulement pour s'amuser.

«Je pense que les femmes ne sont enfin elles-mêmes, entières, que quand elles sont possédées. Par un homme, ou par autre chose. La femme parfaite est une créature qui ne s’appartient plus et qui se laisse aller à cette forme de vitalité aveugle qu’est la sexualité brute, la puissance irrépressible du désir.» (Simon Benson)

 

(liberation)

Un monde où la femme ne serait qu une marchandise, ca vous tente?

Probablement sous des motifs financiers et de pouvoir qu auront les "decideurs" d'ailleurs...

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A
Bonjour,<br /> ça me fait penser à une poupée gonfable ou du moins une vaginette. Nombreux sont les hommes qui se livrent déjà à ce genre de jouets sexuels. En voici un exemple,<br /> http://www.loveandmag.com/2013/07/19/vagin-artificiel-vaginette/
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