Les biocarburants sont responsables de la crise alimentaire

Publié le par Le Pfss

Article original: http://www.guardian.co.uk/environment/2008/jul/03/biofuels.renewableenergy
Traduction (par mes soins, donc probablement incomplète mais somme toute assez intéressante je présume):
**
Les biocarburants ont provoqué une hausse des prix du marché mondial de l’alimentation de 75% - bien plus élevée que ce qui était estimé jusqu’alors - selon un rapport confidentiel de la Banque Mondiale obtenu par le Guardian

Cette évaluation accablante, pas encore publiée est basée sur l'analyse la plus détaillée effectuée à ce jour à propos de la crise, réalisée par un économiste de la banque mondiale internationnallement respecté.

Ce chiffre contredit les affirmations du gouvernement américain qui prétend que les combustibles d'origine végétales  contribue à moins de 3% à l'augmentation du prix des aliments.
Il renforcera la pression exercée sur les gouvernements, à Washington et en Europe, qui se sont tournés vers les carburants d’origine végétale pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et diminuer leur dépendance à l’égard des importations de pétrole.

Des sources informées pensent que ce rapport, achevé en avril, n'a pas été publié afin d'éviter d'embarasser le président Georges Bush.

"Cela mettrait la banque mondiale dans une situation politique tendue avec la maison blanche" déclarait hier l'une de ces sources.

Cette information vient à un moment critique dans les négociations mondiales sur la politique des biocarburants.
Les dirigeatns des pays industrialisés du G8 se rencontreront la semaine prochaine à Hokkaido au Japon où ils discuteront de la crise alimentaire et viendront soumis à d'intense pression provenant des militants  appelant à un moratoire sur l’utilisation de ces carburants.

Ce document mettra également la pression sur le gouvernement britannique, qui doit publier son propre rapport sur l'impacte des biocarburants, le rapport Gallagher. Le Guardian a déjà révélé que l'étude britannique indiquera que  cette filière de carburants a joué un rôle « significatif » dans l’envolée record des prix des denrées alimentaires ( http://www.guardian.co.uk/environment/2008/jun/19/climatechange.biofuels ).
Bien que la publication de ce rapport était attendu la semaine dernière, elle n'a toujours pas eu lieu.

"Les dirigeants politiques semblent vouloir ignorer ou écarter les preuves solides que les biocarburants sont un facteur majeur dans les dernières hausses des prix des produits alimentaires" déclare Robert Bailey, conseiller politique d' Oxfam. " Il est impératif que nous disposions du tableau complet. Alors que les politiques se préoccupent de contenter les lobbys industriels, les gens dans les pays pauvres n’ont pas les moyens de manger à leur faim."
L'augmentation des prix de l'alimentaire a rejeté cent millions de personne en dessous du seuil de pauvreté estime la banque mondiale et a causé des émeutes du Bangladesh à l'Egypte.
Des ministres britanniques ont décrit la hausse de l’alimentation et des carburants comme « la première véritable crise économique de la mondialisation ».

Le président Bush a pour sa part attribué la hausse des prix del 'alimentai à la demande croissante de l'Inde et de la Chine, mais  l’étude de la Banque mondiale estime par contre que « la croissance rapide des revenus dans les pays en développement n’a pas entraîné de fortes augmentations dans la consommation mondiale de céréales et n’a pas été un important facteur responsable des hausses de prix. »

Même les sécheresses récurrentes en Australie, note le rapport, n'ont qu'un impact marginal. Il fait valoir que la politique de l’UE et des États-Unis en faveur des biocarburants a eu le plus grand impact sur l’approvisionnement alimentaire et les prix.
Depuis avril, tous les carburants essence et diesel en Grande-Bretagne doivent inclure 2,5% de biocarburants. L’UE avait envisagé de relever cet objectif à 10% d’ici à 2020, mais est confrontée à l’évidence de plus en plus manifeste que cela ne fera que pousser à la hausse les prix des produits alimentaires.
Sans l'augmentation de la production de biocarburant,  les stocks mondiaux de blé et de maïs n'aurait pas sensiblement diminué et l'augmentation des prix en  raison d’autres facteurs auraient été modérées », souligne le rapport.  L’échantillon des prix des produits alimentaires de l’étude a augmenté de 140% entre 2002 et Février 2008. Le rapport estime que la hausse des prix de l’énergie et des engrais n’intervient que pour 15% dans cette augmentation, tandis que les biocarburants ont été responsables de 75% de celle-ci au cours de cette période.
Le rapport indigue que la production de biocarburant a destabilisé les marchés alimentaire dans trois manières.
Premièrement,  il a détourné des céréales de l’usage alimentaire, avec plus d’un tiers du maïs poussant aux États-Unis qui est maintenant utilisé pour produire de l’éthanol et près de la moitié des huiles végétales dans l’UE destinées à la production de biodiesel. Deuxièmement, les agriculteurs ont été encouragés à réserver des terres pour la production de biocarburants. En troisième lieu, cela a suscité une spéculation financière sur les céréales, augmentant encore les cours.

D'autres études réalisées sur la crise alimentaire examiné une période beaucoup plus longue, ou n’avaient pas relié ces trois facteurs, et concluaient à un faible impact des biocarburants. Mais l’auteur de ce rapport, Don Mitchell, un économiste de la Banque Mondiale, a fait une analyse détaillée, mois par mois, de l’envol des prix des denrées alimentaires, qui permet d’examiner plus finement le lien entre les biocarburants et l’approvisionnement alimentaire.

Le rapport souligne que les biocarburants dérivés de la canne à sucre (qui est la spécialité du Brésil)  n'ont pas eu un impact aussi dramatique que les autres sortes de biocarburants.

Les partisans des biocarburants font valoir que les biocarburants représentent une alternative écologique au pétrole et aux combustibles fossiles, mais cette affirmation a été contestée par certains experts, qui estiment que cet argument ne s’applique pas à la production américaine d’éthanol à partir de plantes.

"Il est clair que quelques biocarburants ont  d’énormes répercussions sur les prix des produits alimentaires", déclarait hier soir le docteur David King, ancien conseiller scientifique en chef du gouvernement.
"En supportant cette politique, tout ce que nous obtenons c'est une flambée des prix de l'alimentaire tout en ne faisant strictement rien pour lutter contre le changement climatique."

**


Et dire que l'Europe veut s'obstiner à utiliser les biocarburants (pas plus tard qu'il y a deux jours, l'Union Européenne s'est exprimé en faveur des biocarburants et ont affirmé qu'ils feront tout pour produire de plus en plus de biocarburant...). C'est lamentable. Cela creuse les inégalités, cela créé de véritable problème puisque de plus en plus de gens meurent de ne pouvoir se nourrir, ou deviennent de plus en plus pauvre, des émeutes se crééent, le climat se dérègle de plus en plus rapidement...Et les partisans de cette "technologie" -entendu sur TF1- sont de plus en plus nombreux, de plus en plus bornés...

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article