Mondialisation,déficit commercial de la France en mai

Publié le par Le Pfss

Il y a un net creusement du déficit commercial de la France en mai, à 4,738 milliards d'euros contre 3,739 milliards en avril...
L'économiste Alexander Law (Xerfi) explique: Le deuxième trimestre a été particulièrement pénible pour l'économie française. Ainsi, les exportations ont nettement baissé (-1,7%) en mai, tandis que les importations se raffermissaient. Résultat : c'est un nouveau triste record qui a été établi avec un déficit mensuel du commerce extérieur de 4,7 milliards d'euros. Sur les douze derniers mois le bilan est encore plus cruel, le solde étant négatif à hauteur de plus de 45 milliards d'euros.
D'autres en trouvent les causes :Nicolas Bouzou (Asterès) expliquent que les exportations vers les Etats-Unis restent faibles, en raison du niveau élevé de l'euro par rapport au dollar et de l'absence de croissance outre-Atlantique. Les ventes vers les pays émergents résistent.Naturellement, dans de telles circonstances, il s'agit de chercher les coupables. On pensera alors naturellement à la vigueur de l'euro mais aussi à l'augmentation des cours du baril et des denrées alimentaires. "Il n'y a pas de doute que ces éléments pèsent lourdement sur les performances commerciales de la France" ajoute Law. Mais c'est l'Union européenne qui représente plus de la moitié de notre déficit commercial (essentiellement l'Allemagne). Or, difficile d'accuser la monnaie unique ou le pétrole d'être à l'origine immédiate de cette contre-performance.

Il est toutefois certain que l'économie française pâtit de la situation internationale dégradée. Inutile d'aller chercher bien loin pour le constater : la descente aux enfers des économies britannique et espagnole a un impact direct sur la France (confirmé par plusieurs économistes, malheureusement, on ne les entend pas assez).
Voilà le beau coté del a mondialisation à outrance, au capitalisme: Les malheurs de nos voisins nous attristent autant qu'eux puisqu'on en subit également les conséquences...
On peut le voir puisqu'en mai, les ventes vers l'Espagne et l'Angleterre ont baissé (notamment dans l'automobile). Les ventes vers l'Allemagne ont été "robustes" (dixit Law) sauf que c'est en large partie dû à l'aéronautique (Airbus dope les échanges entre les deux pays). De plus Airbus n'a rapporté que 831 millions d'euros en mai, une paille comparée aux mois et trimestres précédents.
"Les biens intermédiaires ou l'automobile, très sensibles à l'évolution de la conjoncture, sont eux à la peine." (boursorama.com)
Puis, lu sur le même site: "'on se dirige tout droit vers une quasi stagnation (au mieux ?) de l'économie française au deuxième trimestre. En d'autres termes, les 1,7% de croissance que nous attendons pour cette année constituent la barre haute de notre scénario."

Marc Touati (Global Equities) enfonce le clou sur l'économie française:

"Lorsqu'il y a quelques mois, nous annoncions l'atteinte d'un déficit extérieur français de 45 milliards d'euros pour 2008, nous paraissions excessivement pessimistes. Pourtant, avant même la fin de cette année, c'est déjà chose faite. En effet, en mai, le déficit extérieur de la France a atteint un double sommet historique : d'une part sur un mois à 4,738 milliards d'euros (contre 3,7 milliards en avril) et d'autre part, sur un an à 45,603 milliards d'euros.

Bien entendu, certains pourraient croire que ce creusement est dû au déficit énergétique. Mais, il n'en est rien, puisque ce dernier s'est même réduit, passant de 4,7 milliards en avril à 4,36 milliards en mai. Malheureusement, l'origine principale de cette détérioration est bien plus grave que l'augmentation des prix énergétiques, car elle réside dans l'effondrement des exportations françaises. Ainsi, après avoir déjà plongé de 6,4% en mars, puis rebondi de 2,6% en avril, celles-ci rechutent de 1,7% en mai. Sur trois mois, leur recul atteint ainsi 3,1%. Et ce, en valeurs, c'est-à-dire qu'en volume (donc corrigées de l'appréciation de l'euro), leur repli est encore plus important.

Pis, cette baisse est générale tant d'un point de vue sectoriel que géographique. Ainsi, qu'il s'agisse des biens d'équipement, des biens intermédiaires, des automobiles, qu'elles soient à destination de l'Union européenne, des Etats-Unis, de l'Afrique ou encore du Proche et du Moyen-Orient, les exportations françaises reculent quasiment partout et dans tous les domaines.

Si le ralentissement de la croissance mondiale et européenne en particulier, ainsi que l'euro trop fort jouent évidemment un rôle majeur dans cette détérioration, ces évolutions rappellent cruellement la faible compétitivité de nos exportations à travers le monde.
(..)

Parallèlement, témoins permanent du manque de compétitivité des produits français sur le territoire national, les importations continuent d'augmenter, à l'exception notable des automobiles, confirmant la crise que vit actuellement le secteur dans l'Hexagone.

Piètre consolation, l'excédent commercial allemand est aussi en retrait, confirmant que l'Allemagne n'est plus ce havre de résistance des exportations malgré l'euro trop fort et le ralentissement mondial. Non, l'Allemagne aussi commence à souffrir de cette double évolution. Sachant qu'elle pâtit également d'une faiblesse marquée de sa consommation, elle pourrait même subir une baisse de son PIB au deuxième trimestre, comme l'a d'ailleurs indiqué la forte baisse de la production industrielle en avril et mai.

Soyons clairs: la récession est aux portes de la France, de l'Allemagne et de la zone euro. "



Il faut également souligner que   le seul secteur dans lequel nos exportations augmentent encore est le militaire. Ce qui signifie que, hors matériel militaire, le déficit extérieur français a atteint plus de 6 milliards d'euros en mai. Un résultat qui ne sera certainement pas mis en exergue....
Beau système que celui du capitalisme n'est ce pas? Tous les malheurs de l'étranger se répercutent sur nous et nous n'y pouvons rien..Et boule de neige, nos propres malheurs amèneront le malheur ailleurs^^
Mais ne vous en faites pas, le président de l'OMC a dit que c'était normal, que le capitalisme vivait par crise et qu'il fallait s'attendre à ce que tout le monde soit pauvre sauf une minorité (dont par chance il fait parti) et c'est bien normal, tout le monde a eu sa chance et seuls eux, les "élus" ont pu la saisir.

Publicité
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article