La police promet "plusieurs milliers d'euros" pour toute info permettant d'arrêter les auteurs de coups de feu sur des policiers...
"Plusieurs milliers d'euros." C'est ce que promet sur des tracts la police judiciaire pour obtenir des témoignages suite aux émeutes de Villiers-le-Bel, fin novembre.
Les forces de l'ordre estiment qu'une cinquantaine d'hommes ont alors été blessés. C'est dans le cadre de l'enquête que la police offre une rémunération contre des témoignages anonymes.
Payer ses indics n'est évidemment pas une révolution, pour la police. Sauf que, cette fois, c'est par des tracts distribués dans les boîtes aux lettres depuis le week-end dernier qu'elle recherche explicitement des témoignages moyennant rémunération.
Pour Laurent Mucchielli, sociologue, il y a là une vraie nouveauté:
"Ce procédé, qui était par définition officieux et inmesurable jusque-là, est devenu une procédure officielle. Y compris pour des émeutes, alors que, traditionellement, on rémunérait les indics plutôt pour un travail sur le crime organisé."Souvent divisés, y compris sur la police de proximité, par exemple, les policiers se montrent de fait très soudés. Y compris dans les rangs syndicaux, où, visiblement marqué par l'ampleur des affrontements, l'on serre les rangs depuis la diffusion de ces tracts.
A l'UNSA-Police, réputé proche de l'opposition, Joaquin Masanet soutient par exemple ces tracts, comme le fait d'assumer la rémunération d'infos sur les émeutes à hauteur de plusieurs milliers d'euros.
Maintenant on paie les gens pour qu'ils dénoncent leurs voisins...
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